# Le double codage : associer mots et images pour réviser

> Ce qu’est le double codage, ce que montre la recherche sur les mots et les visuels ensemble, pourquoi ce n’est pas une affaire d’« apprenant visuel », et comment l’utiliser.

URL: https://atheneum.app/fr/guides/dual-coding-for-studying
Language: Français (fr)
Category: Compréhension
Published: 2026-10-23
Updated: 2026-10-25

## La réponse courte

Le double codage, c’est étudier avec mots et visuels ensemble : schéma légendé, frise ou organigramme près des notes. Des expériences suggèrent que mots et images présentés ensemble, avec des visuels montrant le fonctionnement, peuvent améliorer la compréhension. Rien à voir avec les styles d’apprentissage, qui manquent de preuves : chacun peut en profiter si le visuel montre une structure.

Pensez au fonctionnement d’une pompe à vélo. Vous ne vous êtes sans doute pas rappelé un paragraphe. Vous avez imaginé la poignée qui descend et l’air qui sort. Certaines idées sont bien plus faciles à retenir sous forme d’image que de phrase, et beaucoup le sont encore plus sous les deux formes. **Le double codage** (dual coding), c’est étudier avec des mots et des visuels ensemble : un schéma avec des légendes, une frise chronologique à côté de vos notes, le croquis d’un processus à côté d’une explication écrite. Ce guide présente ce que montre la recherche, ce qu’elle ne montre pas, et comment l’utiliser sans transformer vos révisions en projet artistique.

## Ce qu’est le double codage

Le nom vient de la *théorie du double codage*, développée par le psychologue Allan Paivio. Elle propose que nous ayons deux systèmes reliés pour représenter l’information : l’un pour les mots, l’autre pour les images non verbales (Paivio, 1991). Une information gardée sous les deux formes, avec des liens entre elles, a plus de chances d’être comprise et retenue.

En pratique, le double codage consiste à associer des mots à un visuel qui montre la même idée :

- un schéma légendé du cœur à côté de vos notes sur la circulation ;
- une frise chronologique des causes d’une guerre ;
- un graphique esquissé à côté d’une définition d’économie ;
- un organigramme des étapes d’un algorithme.

Le visuel n’est pas une décoration. Il doit montrer quelque chose de l’idée, comme ses parties, ses étapes ou la façon dont ses éléments sont liés.

## Ce que dit la recherche

Certaines des preuves les plus claires viennent des expériences de Richard Mayer sur la façon dont on apprend comment les choses fonctionnent.

- **Mots et images ensemble, au même moment.** Mayer et Anderson (1991) ont montré à des étudiants une animation d’une pompe à vélo. Ceux qui entendaient l’explication *pendant* l’animation réussissaient mieux les questions de résolution de problèmes sur le fonctionnement de la pompe que ceux qui l’entendaient *avant* l’animation, ou qui n’avaient que les mots, ou que l’animation.
- **La bonne image compte.** Mayer et Gallini (1990) ont donné à des étudiants de courts textes expliquant le fonctionnement d’appareils scientifiques. Seules les illustrations montrant à la fois les parties et les étapes du processus aidaient, et elles aidaient surtout les étudiants qui connaissaient peu le sujet. Les illustrations qui légendaient seulement les parties, ou seulement les étapes, n’aidaient pas de façon constante.
- **Dessiner aide à retenir.** Dans sept expériences, Wammes et ses collègues (2016) ont constaté que les gens retenaient mieux des mots quand ils les dessinaient que quand ils les écrivaient. Il s’agissait de simples listes de mots en laboratoire : le résultat est solide mais étroit. Il ne montre pas que dessiner bat toutes les autres façons d’étudier un manuel.

La partie plus mitigée mérite aussi d’être connue. Dunlosky et ses collègues (2013) ont examiné une technique voisine, former des images mentales en lisant un texte, et l’ont jugée peu utile : elle aidait certains étudiants sur certaines tâches, mais les bénéfices étaient limités et inconstants. Le double codage marche le mieux avec de vrais visuels qui montrent une structure, pas avec de vagues images mentales.

Une revue écrite pour les enseignants par Weinstein, Madan et Sumeracki (2018) range le double codage parmi six stratégies d’apprentissage étayées par la recherche, avec la pratique espacée, la pratique de récupération, l’entrelacement, l’élaboration et les exemples concrets.

## Ce n’est pas une affaire d’« apprenant visuel »

On confond souvent le double codage avec les *styles d’apprentissage* : l’idée que certaines personnes seraient des « apprenants visuels » et d’autres des « apprenants verbaux », chacun apprenant mieux quand on lui enseigne dans son style. Une revue de Pashler et ses collègues (2008) a cherché le type d’expérience qui étayerait cette idée et n’a trouvé pratiquement aucune preuve, tandis que plusieurs études bien conçues la contredisaient.

Le double codage est différent. Il suggère que *tout le monde* peut profiter de mots et de visuels ensemble, quand le visuel montre quelque chose de significatif. Choisissez le format qui convient au contenu (un processus appelle un organigramme, une séquence une frise) plutôt que celui qui convient à une étiquette que vous vous êtes donnée.

## Comment utiliser le double codage

**Choisissez des visuels adaptés à l’idée.** Les processus deviennent des organigrammes. Les séquences, des frises. Les comparaisons, des tableaux. Les parties d’un tout, des schémas légendés. Les relations, une [carte conceptuelle](https://atheneum.app/fr/guides/concept-maps-for-studying).

**Gardez mots et visuels ensemble.** Mettez les légendes sur le schéma, pas dans une liste à part. Écrivez l’explication à côté de l’image, pas trois pages plus loin.

**Dessinez-le vous-même.** Recopier un schéma des diapositives est un début. Le redessiner de mémoire, puis le comparer à l’original, c’est mieux, parce que vous pratiquez alors aussi le [rappel actif](https://atheneum.app/fr/guides/active-recall-vs-rereading).

**Restez simple.** Des cases, des flèches et des bonshommes bâtons suffisent. Le temps passé sur les ombres et les couleurs n’est pas passé à apprendre.

**Expliquez votre visuel à voix haute.** Dites ce que montre chaque partie et pourquoi les flèches pointent là où elles pointent. Si vous n’y arrivez pas, le dessin cache une lacune.

**Utilisez-le pour ce qui s’y prête.** Le double codage convient à tout ce qui a une structure : processus, systèmes, cycles, chronologies et notions spatiales. Pour un fait isolé, comme une définition ou un mot dans une autre langue, une carte mémoire est généralement plus rapide.

## Erreurs courantes

- **Décorer au lieu d’expliquer.** Une jolie page n’est pas un schéma utile.
- **Séparer mots et images.** Le bénéfice vient du lien entre les deux.
- **Ne faire que recopier.** Redessinez de mémoire, puis vérifiez.
- **S’en tenir à un format parce que vous êtes « quelqu’un de visuel ».** Choisissez le format adapté au contenu.

## Le faire dans Atheneum

Atheneum n’a pas d’outil de dessin ni de schéma : la partie visuelle se fait sur papier ou dans l’application de dessin que vous utilisez déjà. Atheneum aide pour les mots, la vérification et l’entraînement.

- **Écrivez les mots, dessinez sur papier.** Gardez votre explication écrite dans la section Notes d’un carnet, en Markdown, et esquissez le schéma sur papier à côté. Les tableaux Markdown sont pratiques pour les comparaisons.
- **Servez-vous de la source pour vérifier votre dessin.** Vos diapositives de cours restent dans les fichiers du carnet : après avoir redessiné un schéma de mémoire, vous pouvez ouvrir l’original et comparer.
- **Demandez à Athena de vous interroger sur la structure.** Demandez à [Athena](https://atheneum.app/assistant) de vous poser des questions sur la façon dont les parties d’un processus s’enchaînent, puis répondez en dessinant. Elle travaille à partir du texte de vos fichiers et peut se tromper : vérifiez avec le contenu.
- **Blurtez avec un schéma.** Le mode Blurt, dans [Révision](https://atheneum.app/review), vous donne un espace vierge, notes cachées. Pour un processus ou un système, dessinez-le d’abord de mémoire sur papier, puis écrivez dans la zone de blurt ce que montre le croquis et choisissez **Vérifier avec Athena** pour voir quels points clés du fichier vous avez oubliés. Le [guide du blurting](https://atheneum.app/fr/guides/blurting-method-for-studying) explique la méthode.

Les résumés, quiz et cartes mémoire sont construits à partir du texte de vos fichiers et de vos notes : un dessin seul ne les alimente donc pas.

## Pour commencer

1. Choisissez un sujet à la structure claire : un processus, un cycle ou une séquence.
2. Dessinez-le sous forme de schéma simple et légendé, avec une explication d’une ligne à côté de chaque partie.
3. Demain, redessinez-le de mémoire, puis comparez-le avec vos notes et corrigez ce qui manque.
4. Expliquez le schéma à voix haute en moins de deux minutes.

Mots et images ensemble vous donnent deux portes d’entrée. C’est toute l’idée.

## Sources

- Paivio, A. (1991). Dual coding theory: Retrospect and current status. *Canadian Journal of Psychology*, 45(3), 255–287. https://doi.org/10.1037/h0084295
- Mayer, R. E., & Anderson, R. B. (1991). Animations need narrations: An experimental test of a dual-coding hypothesis. *Journal of Educational Psychology*, 83(4), 484–490. https://doi.org/10.1037/0022-0663.83.4.484
- Mayer, R. E., & Gallini, J. K. (1990). When is an illustration worth ten thousand words? *Journal of Educational Psychology*, 82(4), 715–726. https://doi.org/10.1037/0022-0663.82.4.715
- Wammes, J. D., Meade, M. E., & Fernandes, M. A. (2016). The drawing effect: Evidence for reliable and robust memory benefits in free recall. *Quarterly Journal of Experimental Psychology*, 69(9), 1752–1776. https://doi.org/10.1080/17470218.2015.1094494
- Dunlosky, J., Rawson, K. A., Marsh, E. J., Nathan, M. J., & Willingham, D. T. (2013). Improving students' learning with effective learning techniques: Promising directions from cognitive and educational psychology. *Psychological Science in the Public Interest*, 14(1), 4–58. https://doi.org/10.1177/1529100612453266
- Weinstein, Y., Madan, C. R., & Sumeracki, M. A. (2018). Teaching the science of learning. *Cognitive Research: Principles and Implications*, 3, 2. https://doi.org/10.1186/s41235-017-0087-y
- Pashler, H., McDaniel, M., Rohrer, D., & Bjork, R. (2008). Learning styles: Concepts and evidence. *Psychological Science in the Public Interest*, 9(3), 105–119. https://doi.org/10.1111/j.1539-6053.2009.01038.x
